Ouvrages

ALAIN

ou la démocratie de l’individu

Jérôme Perrier


 

L’individu contre l’étatisme. 1

Actualité de la pensée
libérale française
XIXe siècle

Jérôme Perrier

Résumé

Même si nombre de ses citoyens et de ses élites intellectuelles semblent l’avoir oublié, la France n’est pas simplement le pays de Colbert et de la centralisation napoléonienne. Elle est aussi l’un des principaux berceaux de la philosophie libérale contemporaine et compte dans son riche patrimoine intellectuel un certain nombre d’auteurs majeurs qui se sont attachés à penser les rapports complexes entre l’individu, la société civile et l’État.
Ainsi, le XIXe siècle – période hantée dans l’Hexagone par le souvenir de la Révolution française – a vu l’apogée du libéralisme, même si celui-ci était composé de courants distincts. À côté du libéralisme conservateur, autoritaire et largement étatique, incarné par quelqu’un comme Guizot, cet âge d’or de la philosophie politique française a également vu l’éclosion d’un libéralisme de l’individu face à l’État. Non pas contre l’État, ni même contre un État fort, mais contre l’étatisme, c’est-à-dire contre un État obèse, instrumentalisé par les groupes de pression, et prétendant se mêler de tout sans même pouvoir assumer convenablement ses fonctions élémentaires.
Ce faisant, les libéraux français du long XIXe siècle qui, de Benjamin Constant à Alain, en passant par l’école libérale de Paris, ont cherché à défendre résolument les droits de l’individu face à un État jacobin et autoritaire hérité de plusieurs siècles de centralisation ont tracé la voie d’une réflexion politique qui reste éminemment précieuse aujourd’hui, alors que nous traversons une très grave crise de la représentation, doublée d’une quasi-faillite de notre modèle social.

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L’individu contre l’étatisme. 2

Actualité de la pensée
libérale française
XXe siècle

Jérome Perrier

Résumé

Durant le « court XXe siècle », qui a vu l’État connaître un essor continu – que ce soit sous la forme sinistre des totalitarismes ou sous celle, pacifique, de l’État-providence –, les libéraux français les plus résolus à défendre l’individu face aux menaces du pouvoir ont dû relever des défis inédits, qui n’ont fait qu’aiguiser leurs réflexions et rendre ces dernières encore plus utiles à redécouvrir en ce début de XXIe siècle. Marginalisés des années 1930 aux années 1970, les plus anti-étatistes d’entre eux ont retrouvé un certain écho dans les années 1980, au point que leurs analyses ont paru alors pouvoir trouver un débouché politique concret.
Mais cet épisode s’est avéré fort éphémère et n’a touché qu’une fraction de l’échiquier politique français, au point que l’on peut tout au plus parler d’une parenthèse libérale, ambiguë de surcroît et liée à un contexte tout à fait singulier. Pour autant, si les libéraux français les plus critiques envers les excès de l’étatisme sont demeurés minoritaires au XXe siècle parmi les élites politiques et intellectuelles françaises, leurs oeuvres les plus importantes restent d’une grande pertinence pour appréhender les graves problèmes actuels que sont la quasi-faillite de notre modèle social et la très grave crise de la représentation politique que connaissent toutes les démocraties libérales.
C’est pourquoi leur relecture s’avère un préalable indispensable à toute tentative sérieuse pour repenser en profondeur les rapports entre l’État, la société civile et l’individu. Une tâche que la globalisation rend plus urgente que jamais.

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Le libéralisme démocratique d’Alain

Préface d’Alain Madelin

Jérôme Perrier

Extrait :

Le libéralisme d’Alain n’a que très rarement attiré l’atten-tion des commentateurs1, ne serait-ce que parce que l’in-téressé lui-même n’a jamais revendiqué cette filiation intellec-tuelle — d’autant que sa famille politique, la gauche, a tou-jours entretenu des rapports pour le moins complexes, pour ne pas dire ambigus, avec cette tradition de pensée. Plus important encore, Alain est tout autant un démocrate (assu-mé) qu’un libéral (caché).
Durant toute sa vie, il est resté le petit boursier, fils d’un modeste vétérinaire, pur produit de la méritocratie républicaine, et furieusement attaché à la dé-fense du « petit peuple » contre les Importants et les Puis-sants (qu’ils aient nom Ministres, Généraux, Académiciens, Bureaucrates, ou encore Riches propriétaires). Il s’agit bien là, chez lui, d’un quasi réflexe, qui est à l’origine même de son engagement politique2, et qui l’éloigne tout naturellement (…)

 

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